Que je relierais avec la question suivante posée par le même Mat :Urs a écrit:Non on parle ici de l'apport supposé du travail proposé par des maîtres qui ne font pas d'aikido.
J'ai cru comprendre que ce qui reliait leurs recherches, c'est la modification des moyens utilisés par le corps pour générer le mouvement.
Es-tu d'accord avec cette analyse et si c'est le cas quel est le rapport avec l'aikido pour toi ? avec l'aikido dans ce que tu y cherches, avec l'aikido dans ce que tu perçois de la volonté d'OS.
Urs a écrit:... quand on est vraiment très bon, rien n'empêche de vouloir développer les axes de recherche d'OS sur la base d'autres pratiques que celles issues du daito ryu, non ? Qu'est-ce que le daito ryu possède de si particulier ?
Ces questions sont particulièrement d'actualité pour moi, car je suis plongé dans la lecture du livre "Hidden in Plain Sight" d'Ellis Amdur. Il y aborde plusieurs thèmes, dont certains en rapport avec les questions ci-dessous.
Premièrement, il y aborde la création par Sokaku Takeda du Daito Ryu (il ne croit pas au fait que ce soit une ancienne koryu et argumente en ce sens), sous forme de synthèse de principes qu'il a pu apprendre principalement par son expérience pratique des combats et d'échanges avec ses contemporains. En gros, même si Sokaku enseignait aussi de manière méthodique, son art était avant tout un ensemble de "principes", c'est-à-dire des éléments d'utilisation du corps et de gestion de l'adversaire qui, une fois maîtrisés, pouvaient être transposés dans un nombre illimité de techniques.
D'après Amdur, Ueshiba Morihei a suivi la même démarche en se focalisant principalement sur la transmission de principes bien plus que la transmission de techniques. André Nocquet le citait d'ailleurs de manière intéressante : "les techniques sont le filet qui vous permet d'attraper le poisson, gardez le poisson et jetez le filet" (ou un truc comme ça, de mémoire
La question est : quels étaient ces principes d'utilisation du corps ? Etaient-ils différents pour Ueshiba de ceux de Takeda ? Et ceux de Takeda sont-ils différents de ce qu'on trouve dans d'autres arts martiaux japonais voire dans les arts chinois ?
Amdur cite au début de son livre trois exemples :
Certains, avec des mouvements infimes, transmettent une énergie incroyable, comme s’ils déclenchaient une explosion contrôlée dans un espace confiné. D’autres exercent une force inexorable, comme un énorme rocher qui vous roulerait dessus. D’autres encore disparaissent comme des fantômes même si vous êtes sur de les avoir attrapés, vous laissant l’impression d’avoir attrapé de la fumée ou de tomber dans un trou.
A l'heure actuelle, j'ai pu grâce à Léo Tamaki découvrir trois maîtres japonais qui focalisent leur recherche ou leur enseignement sur des "principes" qui produiraient des effets similaire à ce que cite Amdur :
- Akira Hino, qui a entre autres connu Gozo Shioda, mais ne pratique pas l'aikido
- Akuzawa Mirnoru, qui n'a me semble-t-il aucun lien avec l'aikido
- Kono Yoshinori, ancien élève de Yamaguchi en Aikido, mais dont la recherche martiale l'a entraîné bien loin du seul aikido.
Je suis loin d'être avancé dans ma recherche, mais ma première conclusion de ces contacts est que leurs enseignements, leur "manière d'utiliser le corps" ne sont pas du tout incompatibles avec ma pratique de l'aikido. Bien au contraire, ils m'ont permis de voir sous un jour nouveau des choses que je faisais déjà, parfois sans le savoir, ou des choses qui sont pratiquées par mon prof mais que je n'avais pas perçues/comprises jusque là.
